mercredi 22 septembre 2010

Boutiques de souvenirs

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Nous n’irons plus chez le photographe. Les bobines qui, bien après la rentrée, revenaient sur papier mat ou glacé, c’est fini. Longtemps ces images aux marges crantées ont servi d’antisèches au passé. C’était le souffleur de notre petit théâtre généalogique. Les photos rares étaient les rustines posées sur les trous de mémoire. Ni plus ni moins. Clic-clac merci Kodak. Aujourd’hui elles occupent le terrain. Les progrès photographiques permettent de tirer sans compter sur tout ce qui se présente. En un clin d’œil, on voit et le sujet et son image. On en viendrait à confondre l’un et l’autre, à prendre le reflet pour le modèle. Je ne regarde plus le tableau de la Joconde devant moi, ni les mariés, ni la pièce montée ; j’admire leurs photos sur le petit écran numérique. Instantanés, ces clichés sont illimités. On ne compte plus les prise de vues. C’est épatant. Inutile de s’attarder, de contempler, de s’imprégner la rétine. La technique dispense de tout effort d’impression. Le temps d’un clic et l’affaire est dans le sac. L’œil nu fait relâche et la tête est ailleurs. Notre mémoire contient de plus en plus d’images et de moins en moins de souvenirs." Jean-Michel ULMANN

1 commentaire:

papyrus /\/\/\/\/\/\ ! a dit…

On peut ne pas être d'accord et une belle photo reste une belle photo. Bravo à la photographe